BRIMSTONE
Du 20/02/2022 au 20/02/2022
Liz, jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Sa vie bascule le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite : Liz doit prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance.
Brimstone nous propose une quête initiatique, une plongée dans les ténèbres qui convoque finalement plus le film d’horreur que les rituels traditionnels du western. Les multiples hommages à La nuit du chasseur éclairent d’ailleurs la dimension quasi-fantastique de cette épopée, sa propension à convoquer le territoire du cauchemar bien plus que l’Eden fantasmatique de la nouvelle frontière propre au Western. La caméra se joue des codes et des genres pour maximiser la puissance iconographique de ses plans. Plutôt que de chercher à surprendre, le metteur en scène s’attache à composer des tableaux aux mouvements limités, dans lesquels le moindre geste se fait menace. Superbement éclairé, Brimstone dégage ainsi une tension permanente, une urgence sourde. Cette puissance doit aussi aux deux acteurs principaux, Dakota Fanning et Guy Pearce, simultanément cabotins et minimalistes, habités et complexes. Performances d’autant plus remarquables que jamais elles ne prennent le pas sur les personnages ni n’écrasent le récit de compositions trop lourdes ou mécaniques. Entre ce révérend démoniaque et cette femme que son genre voue à une malédiction sans cesse renouvelée se joue une danse funèbre et enragée, rendue plus forte encore par un scénario qui se moque pas mal de briser les conventions, notamment en termes de rythme. Brimstone brusque le spectateur, les époques, les tonalités pour narrer un mythe en forme d’épitaphe : puissant et cinégénique en diable.